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Un atelier pour écrire, à Montpellier

Un atelier d'écriture ouvert à tous et toutes, les jeudis matin au Gazette café (quartier de la gare)

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Il y a des choses que non

Je dis Assez à la peur , voire au rejet du vieillissement, face à tous ces moments de la vie où l’être humain se retrouve vulnérable, quand arrive le passage à l’âge senior, le début de la vieillesse. 
Je soutiens l’idée que vieillir est un privilège. 
Le privilège d’avoir vécu plus de 65 ans, vu grandir mes enfants, naitre mes petits-enfants et tant d’autres joies tout au long de mon existence jalonnée aussi de tristesse. Une sensation de paix m’étreint quand je me retourne et vois toutes ces années qui constituent le puzzle  bien avancé de ma vie.
Vieillir ou mourir, il n’y a pas d’alternative ! 
Je veux vivre, je veux continuer à regarder avec bienveillance mes rides, apprendre à sourire face à mes douleurs… Comme un clin d’œil qui me rappelle qu’après 65 ans, seuls ceux qui nous ont quitté ne souffrent plus ! Entendre et voir moins bien qu’avant, comprendre plus lentement, voir la mémoire immédiate, ou mémoire de travail, diminuer. 
J’avais un métier passionnant pour lequel j’étais reconnue, appréciée. Maintenant, je suis en retrait… heu… à la retraite… au rebut ? Non ! Au repos, retraite = repos. Pourtant je ne suis pas fatiguée. Ben ça aussi, la sensation de fatigue me surprend par moment.
Tout cela passe par une phase déstabilisante, de questionnement. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je vieillis, simplement. Et ça passe par des pertes, des deuils à faire. Les deuils plus ou moins douloureux que j’ai eu à faire tout au long de mon existence. Aujourd’hui, je sais appréhender ce travail incontournable qui m’aide à avancer avec plus de légèreté.
Me voici à l’automne de ma vie ; l’hiver va suivre, inéluctable.
Quel extraordinaire privilège de voir, de vivre… un jour de plus… qui va, peut-être être lui même suivi d’un jour de plus !
Ce regard sur « un jour de plus » permet une vision à court terme loin des illusions, la vie pour ce qu’elle est… un cœur qui bat, une présence à soi !
La mort se rapproche doucement et surement. Et alors ? Et si…
Si un accident cardio-vasculaire, un accident de la route, une maladie foudroyante m’arrache brutalement la vie ?
C’est juste la réalité de notre impermanence, notre vulnérabilité de l’être, la conscience que tout peut s’arrêter à tout moment ; dans une heure, cette nuit, dans six mois, dans dix ans… que sais-je ?
Je sais une chose. À la conscience de l’incertitude du moment de ma fin de vie, celle-ci n’en est que plus précieuse !
Le philosophe André Conte Sponville parle du plaisir du goût amer de la bière et nous rappelle qu’il en est de même avec la conscience de notre mort. Nous savons que de toute façon, nous ne nous en sortirons pas vivant, nous allons tous mourir. Cette certitude donne toute sa saveur douce amère à la vie. 
Sans la conscience de notre propre finitude, immédiatement la vie perdrait de son attrait, perdrait tout son piquant. Je prends soin de mon corps, de tout mon être pour rester en bonne santé plus longtemps donc en vie. 
De la même manière, par moment je pense à la mort avec lucidité. Serais-je là demain ? Ai-je du temps à perdre en illusion que ma vie va continuer encore et encore. Je n’en sais fichtre rien. Cette réalité donne de la consistance à ce jour que je suis en train de vivre… peut-être le dernier… C’est ici et maintenant que la vie s’écoule et non dans l’espoir ou l’illusion que, plus tard, le mois prochain… Les projets rythment le quotidien et sont importants. Pourtant, seul le moment présent est consistant.

Si la mort était absente, alors nous devrions partager les ressources de la planète avec les dinosaures, les hommes de cro magnon, tous les humains disparus depuis des milliers d’années… 
Juste pas assez de place pour nourrir, abriter tout ce monde ! La surpopulation ainsi que la sur-occupation de la planète anéantirait toute possibilité d’évolution. 
Merci la mort. Tu viens faire le ménage de la vie. Par la finitude de tout être vivant, tu permets le déroulement et la naissance infinie de toute forme de vie. 
La mort favorise et rend possible l’évolution. Le cycle de la vie en passant par la mort est immuable. Printemps, été, automne suivi de l’hiver… les feuilles tombent et meurent laissant la place aux jeunes pousses à venir. 
Nous aussi, vieux humains, par notre mort nous allons laisser la place aux jeunes pousses. Nous nous devons de rester bienveillant à leur encontre. Ils sont le monde de demain. Aider par la mort, la vie fait le grand ménage en nous poussant  hors du champ quand notre souffle s’arrête. 
Tout est en ordre dans le grand principe de l’univers.

Elyane Cabirou 

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