Un atelier d'écriture ouvert à tous et toutes, les jeudis matin au Gazette café (quartier de la gare)
8 Janvier 2026
En exergue de son recueil Il y a des choses que non, Claude Ber, poétesse explique :
Le poème qui introduit l'atelier de ce jour est extrait du recueil éponyme, qui rassemble des textes (7) où résonne l’écho de l’Histoire. Il est dédié à Louise Thaon, FFI n° 180537, paysanne anonyme, qui a dit non et à tous ceux et celles qui, partout, à chaque instant, continuent encore et toujours de dire non.
C’est Louise qui parle dans le poème, la grand-mère de Claude Ber, paysanne, engagée dans la Résistance FFI et rebelle à tout ce qui humilie. Ce legs qui remonte à l’enfance de l’écrivaine dessine une certaine façon d’être au monde, exacerbée aujourd’hui, les raisons de dire non à l’inacceptable s’étant démultipliées.
Du point de vue formel, on note que la poésie de C. Ber cherche un renouvellement tant formel que sémantique, elle explore les potentialités du langage et de ses mises en œuvre, entre vers et prose.
La proposition d’écriture noue emmène sur le terrain du refus :
Dire non : non à ce qui nous révulse dans le monde dans lequel nous vivons, comme la guerre, le fascisme, la disparition d’animaux, de plantes. la liste peut être longue.
Dire non c’est alors vivre un peu autrement, en recherchant le pendant inverse de ce que ce monde tenterait de nous imposer.
Je dis non à la disparition d’une certaine flore de montage, je vais les photographier pour m’en souvenir, et d’une certain façon les protéger.
Je dis non à la violence, je cherche comment dans ma vie le dire, le faire vivre.
Je dis non à la misère sociale, je milite quelque part, dans un groupe qui me convient.
Je dis non à la laideur, et ma militance c’est de faire de la beauté, avec mes mains, avec mon art.
Je dis non aux humiliations
Je dis non à la passivité
Comment avec nos mots dire non ? Avec quels mots dites vous non, avec quelle forme, quelle écriture ?
Ecrire un manifeste sur ce qu'on rejette, ce qu’on récuse avec force, avec détermination. Pensez que quand vous dites non, vous dites oui à autre chose, il y a un oui caché derrière, pour un autre temps, un envers du non. Dire non pour dire oui.
Vous pouvez choisir une formule d’introduction, à répéter, comme une anaphore :
Je dis non je dis stop. je dis assez ! Je dis on arrête Je dis c’est fini
Pour poursuivre l'exploration de la poésie de Claude Ber :
https://www.recoursaupoeme.fr/claude-ber-il-y-a-des-choses-que-non/