Un atelier d'écriture ouvert à tous et toutes, les jeudis matin au Gazette café (quartier de la gare)
4 Juin 2026
Nous commençons l'atelier avec un extrait de L’avancée de la nuit de Jakuta ALIKAVAZOVIC (Ed. de l’Olivier), roman qui traite d'une histoire d’amour impossible qui part dans tous les sens, foisonnante. Dans l'extrait proposé, Paul, un des héros du livre, a fait fortune en installant des fenêtres et des bunkers à l'intérieur des maisons.
Nous avons tous besoin, à certains moments de notre vie d’endroits où nous mettre en sécurité, pour faire face à l’adversité du monde, aux épreuves. Un lieu pour se sentir bien, en sécurité psychologique, qui soit aussi un espace de liberté, même si c’est un tout petit espace. On a besoin de tels endroits pour reprendre des forces et du courage. On a besoin de pouvoir s'y rendre mais aussi quelquefois de simplement savoir que de tels endroits existent, pour s’y réfugier mentalement avant de s’y rendre physiquement.
Ces lieux peuvent être construits - une chambre, un grenier...- mais ce peut être aussi des lieux dans des sites naturels que l'on a reconnus, à notre disposition, il suffit des les trouver pour les faire siens- et même si on ne s'y rend pas.
Ainsi il existe de multiples lieux pour se réfugier, du bunker verrouillé au pied d’un arbre ouvert à tous, de la cabane au fond des bois au grenier ou à la chambre qui ferme à clef. Ce sont autant d’endroits où on sait être protégé (par des murs ou des rameaux de végétation). Cet espace offre à la fois une forme de sécurité et de liberté.
Avoir une chambre à soi, permettant de s’isoler pour écrire, peindre, ou composer de la musique, est indispensable à la création dit V. Woolf. Mais un lieu à soi, un lieu qui se construit dans le temps, n’est pas nécessairement un endroit identifié et matériel. Pour A. Ernaux le vrai lieu est le lieu de l’écriture. Il s'agit ici de l'espace de la création qui se conjugue avec le sens d'une vie.
On peut aussi se fabriquer des espaces à soi éphémères immatériels : au milieu du brouhaha d'un lieu public, on peut se créer un espace de sécurité en écrivant, en lisant. Marcher dans la nature, pratiquer un art quel qu’il soit sont aussi des bulles, invisibles pour autrui.
Proposition d’écriture :
Comment vous mettez vous à l’abri ? Quelle stratégie, quel lieu réel ou projeté, matériel ou immatériel rejoignez vous à des moments où la peur, l’inquiétude, l’intranquillité deviennent trop grandes ?
Il est possible que vous n’ayez pas encore créé un tel espace. Il est possible que l’écriture vous le fasse découvrir.
Vous pouvez aussi le rêver.