Un atelier d'écriture ouvert à tous et toutes, les jeudis matin au Gazette café (quartier de la gare)
9 Octobre 2026
Cher Monsieur Proust
Dimanche matin d’automne. J’aime le café sous les marronniers, les cloches appelant au recueillement, et la visite au musée. Peu de monde, il est encore de bonne heure. J’étais venue pour voir ce tableau de Monsieur Elstir, la botte d’asperges. Monsieur de Guermantes, à mes côtés, et devant celui-ci, tenait des propos fort déplaisants, pour lui tout seul, car je ne lui avais rien demandé. Je dois vous avouer qu’il m’a fortement importunée. Certes, une modeste botte d’asperges, en soi, cela n’a guère d’importance, sauf pour ceux qui peuvent se l’offrir et en déguster la saveur délicate à tous leurs soupers, jusqu’à risquer l’indigestion. Mais pour moi, en ces temps de grisaille, elle est promesse de printemps, prête à s’envoler, comme les hirondelles qui reviennent par chez nous à cette saison. Alors, cher Monsieur Proust, je vous serais gré de bien vouloir nuancer les paroles de Monsieur de Guermantes, à propos du tableau de Monsieur Elstir. Il est l’heure de déjeuner et malheureusement , à cette époque de l’année, je ne pourrai déguster ce fameux légume, et même, contrairement à Monsieur le Duc, je n’ai pas les moyens de me l’offrir. Faute de cela, que celui-ci ne me gâche pas le plaisir des yeux.
Une fidèle lectrice.