Un atelier d'écriture ouvert à tous et toutes, les jeudis matin au Gazette café (quartier de la gare)
4 Décembre 2025
Toujours aussi nombreux et nombreuses autour de la grande table de la mezzanine du Gazette café, ce jeudi nous partageons un texte de C. Tarkos, extrait de Anachronisme (p.49) qui nous invite, avec ses mots à traverser un parc.
Ce nom Tarkos est un pseudonyme, anagramme du nom du philosophe Socrate, celui d’un poète qui a déboulé sur la scène poétique française au début des années 90. Poète, performeur, il est sur scène (il inspire entre autre le chanteur Bertrand Belin), il multiplie les interventions publiques.
Il disparait en 2004 à l’âge de 41 ans. Qualifié par ses pairs de poète de sa génération, il est pour Nathalie Quintane celui dont le verbe fait comme « un coup de feu ».
Il se dégage de ses poèmes une très grande puissance de vie, de conscience d'être en vie, de célébration de cette conscience d'être en vie, de la possibilité de dire, de l'existence du langage, du larynx, de l'articulation. Ses textes jouent sur la dimension sonore et répétitive, ont un rythme. Il développe les listes, les successions.
" Je suis un poète qui défend la langue française contre sa dégénérescence, je suis un poète qui sauve sa langue, en la faisant travailler, en la faisant vivre, en la faisant bouger. "
« La langue n’est pas en dehors du monde, c’est aussi concret qu’un sac de sable qui te tombe sur la tête, c’est complètement réel, complètement efficace, efficient, utile. »
A partir de ce que cet extrait d’Anachronismes nous a ouvert, l’atelier a été invité à traverser un espace, espace naturel, espace urbain, en se situant dedans, en existant dans cet espace, en entrant dans ce qui compose cet espace.
☞ Avec la consigne de rester dans un description de ce qui compose cet espace, ce qui est dedans, ce qui renvoie au dehors.
Langue ordinaire, chercher un rythme, sans craindre les répétitions, en cherchant ce que ça produit, ce que ça apporte, en cherchant une musique.
✔︎ Et pour poursuivre la rencontre avec Tarkos, je vous invite à écouter le Book-club, émission de France culture (novembre 2024). C’est ici !
Un texte écrit en atelier :
A2, A3, A4
A2, c’est mieux, disent-ils, pas souvent, mais ils le disent quelquefois, oui, ils le disent quelquefois souvent ; alors, ce sera le format choisit pour l’édition, il convient mieux que, oui, il convient mieux, il faut maintenant choisir, toute création née d’un choix, ce format ne sort pas du cadre, alors, ce sera le format choisit, c’est une histoire de format, d’expression, de narration ;
A3, ça dépasse du cadre, deux fois moins de surface, d’espace d’expression, de présence, de poésie graphique, traverser, glisser, inscrire à deux mains sur un format A3 un trait gras, traverser, glisser, inscrire l’avenir du regard, où le dessein se dessine avec amplitude et souplesse ;
A4, encore moins d’espace, oui, encore moins d’espace, plus de frictions entre : traits-espaces-mots / espace-mots-traits / mots-traits-espace, poser la pulsion, déposer le dire,le sens sur un drap de velours, l’éclat du beau prendra tout l’espace, la poésie naîtra ;
le sens peut se perdre ;
A2, A3, A4,
dessinons, traçons, célébrons la vie, oui, célébrons la vie, nous sommes un grain de vie, la vie est plus grande, offrons-lui, tous les hors champs, les espaces infinis ; sortons du cadre, la vie est de l’or,humons la, désirons-la, vivons-la,
à fleur de peau, tout s’en va, d’un coup de vent, A2, A3, A4, tout s’en va, d’un coup de vent.
Damien